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Printed 23.09.2020 13:16

Comité Helsinki : les droits de l’Homme continuent à se détériorer en République tchèque
12-09-2013  Denisa Tomanová

La situation des Roms en République tchèque est un sujet toujours délicat. Amnesty International ou le Service de renseignement de sécurité (BIS) ont averti à plusieurs reprises de la discrimination dont ils sont les victimes dans le pays. Et plus récemment, le Comité Helsinki tchèque a publié un rapport annuel sur le la question. On y lit que les attaques, qu’elles soient verbales ou physiques, contre la communauté rom sont de plus en plus nombreuses. D’autant plus que les sentiments haineux à l’encontre des Roms ne seraient plus seulement l’apanage des extrémistes.

Photo: Filip Jandourek, ČRo Parallèlement à la Charte 77, le Comité Helsinki, organisation non gouvernementale fondée en 1988, défend les droits de l’Homme et surveille leurs éventuelles violations. Alors que les affrontements violents entre des extrémistes anti-rom et la police se sont récemment multipliés, le Comité a publié ce mardi un rapport soulevant le problème du chômage, des conséquences négatives des réformes sociales, de la hausse du nombre de sans-abri, ou encore de la discrimination dont souffre la communauté rom. Selon les membres du Comité, l’attitude, souvent qualifiée de passive des hommes politiques, serait également à l’origine de la perception négative des Rom : une attitude passive illustrée par l’absence de législation sur les logements sociaux. Anna Šabatová, membre du Comité Helsinki, explique de quelle façon se manifeste ce sentiment anti-rom, un sentiment qu’elle croit également lier aux difficultés économiques et au sentiment d’impuissance face à la crise que subit le monde politique tchèque. Anna Šabatová :

Anna Šabatová, photo: Archives de Radio Prague « Un élément important qu’il faut souligner et qui se passe depuis plusieurs semaines et même plusieurs mois, ce sont les marches répétitives dans certaines villes tchèques et même moraves, où le Parti des ouvriers pour la justice sociale (DSSS) appelle à manifester. Or certains habitants de ces villes se joignent à eux, même s’ils n’ont aucun contact avec les organisateurs. La situation dans son ensemble se détériore. Le degré de haine présent au sein de la société, de même que la frustration, deux choses qui sont étroitement liées, s’intensifient. La lecture de certains serveurs le montre bien avec certaines discussions sur Internet, où surgissent des sentiments de haine non seulement à l’encontre des Rom, des étrangers mais aussi à l’encontre des personnes âgées. »

Chargée des droits de l’Homme au sein du gouvernement, Monika Šimůnková, confirme cette aggravation du sentiment anti-rom, mais affirme que des mesures ont bel et bien déjà été prises depuis l’été. Monika Šimůnková :

Monika Šimůnková, photo: ČRo « Dès le mois d’août de cette année, j’ai immédiatement convoqué un groupe de travail afin de trouver une solution à ces émeutes sociales, et auquel a également participé le nouveau ministre des Affaires sociales du cabinet intérimaire. Nous avons défini huit points, qui devraient être étudiés au niveau gouvernemental le plus rapidement possible, afin que la situation ne se détériore pas davantage. Une de ces mesures est la mise en place immédiate d’un système de logement social. Et puis ce qui est important d’après moi, c’est de réfuter les mythes et des rumeurs fausses concernant les Roms, qui circulent sur Internet, et qui ont un grand potentiel pour accentuer le sentiment anti-rom. »

Si les progrès ne sont pas souvent mis en relief, Monika Šimůnková souligne qu’il y en a, et ce notamment grâce à l’Agence pour l’intégration sociale, qui opère déjà dans plusieurs localités. Anna Šabatová énumère certains éléments qui pourraient contribuer à améliorer la situation des Rom. Anna Šabatová :

« Je vois deux directions à prendre. D’une part, il faut améliorer la politique sociale, les lois concernant les logements sociaux, augmenter le salaire minimum, empêcher la discrimination, protéger les Rom contre cette discrimination pour que l’on n’abuse pas d’eux, en les envoyant dans des centres d’hébergement par exemple, et pour que les enfants puissent aller normalement à l’école etc. La seconde direction concernerait un changement d’attitude des partis politiques. »

Photo: Gabriela Hauptvogelová, ČRo Monika Šimůnková affirme que la priorité est de résoudre le problème du logement social, une question qui devrait être abordée d’ici à octobre. Selon le Comité Helsinki, des centres d’hébergements louent des logements de très mauvaise qualité, souvent des chambres sans cuisine ou sans installations sanitaires, mais dont le loyer est souvent supérieur à la valeur locative du marché. Le manque de prise de position claire de la part des hommes politiques face à ces problèmes participerait de la prolifération des sentiments haineux.




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