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Printed 23.09.2020 13:07

Le gouvernement entend lutter plus efficacement contre la discrimination des élèves roms
30-11-2009  Guillaume Narguet

En 2007, la Cour européenne des Droits de l’Homme avait donné raison à un groupe de jeunes Roms tchèques qui estimaient avoir été victimes de discrimination raciale en ayant été placés dans des écoles dites « spéciales ». Deux ans plus tard, le ministère de l’Education a rappelé les mesures qui ont été mises en place afin de lutter contre cette discrimination des élèves originaires d’un milieu qualifié de « socialement désavantagé ».

« La Cour condamne la République tchèque pour violation de l’article 14 de la Convention européenne des droits de l’homme. Elle reconnaît les efforts des autorités tchèques en vue de scolariser les enfants roms, mais considère que cette communauté a subi un traitement discriminatoire, plus de la moitié de ses enfants ayant été inscrits dans des écoles dites ‘spéciales’, normalement destinées aux enfants présentant des déficiences mentales. »

Telle est la teneur de l’arrêt relatif à la scolarisation d’enfants roms dans des écoles spéciales rendu en 2007 par la Cour européenne des Droits de l’Homme. Celle-ci avait jugé que dix-huit enfants roms tchèques avaient été scolarisés dans des écoles spéciales, aujourd’hui appelées « pratiques », sans justification, ou plus précisément uniquement en raison de leur appartenance ethnique.

Contraints par Bruxelles, les gouvernements tchèques qui se sont succédés depuis ont donc mis en place diverses mesures visant à favoriser une meilleure égalité des chances dans le système éducatif entre les enfants roms et non roms. Dans ce but, le ministère de l’Education aura ainsi redistribué cette année 32 millions d’euros en provenance des fonds structurels européens. Cet argent doit notamment servir à moderniser le système de consultation dans les écoles, à organiser des séminaires de formation ou encore à mettre sur pied une liste de recommandations méthodiques destinées aux centres de consultation psychologique et pédagogique et aux écoles travaillant avec des enfants originaires d’un milieu socioculturel désavantagé.

Miroslava Kopicová Mais comme le note la ministre de l’Education, Miroslava Kopicová, il faudra du temps avant de voir la situation s’améliorer :

« Les résultats concrets d’un changement de politique dans le domaine de l’éducation ne sont le plus souvent visibles que plusieurs années après. Nous connaîtrons donc les effets des changements que nous avons entrepris lorsque nous saurons dans quelle mesure le nombre de jeunes Roms ayant fait des études secondaires ou supérieures aura augmenté. »

Outre les mesures citées, le ministère de l’Education entend également amender l’avis relatif à l’éducation des élèves avec des besoins spéciaux, comme l’explique la vice-ministre Klára Laurenčíková :

Klára Laurenčíková « Nous entendons spécifier plus précisément ce qu’est cette notion de désavantage social et définir quels critères s’y rattachent. Nous entendons également mettre l’accent sur le fait qu’il n’est pas acceptable que le désavantage social soit synonyme de désavantage ou d’handicap mental, comme cela est trop souvent le cas et que les élèves désavantagés socialement ont le droit à un soutien et à une approche individuelle. »

Aujourd’hui, un grand nombre d’enfants roms restent scolarisés dans des écoles pratiques. Selon le ministère, sur l’ensemble des élèves roms du pays ayant entamé leurs études primaires, près de 27 % d’entre eux fréquentent des établissements dans lesquelles est enseigné un programme-cadre destiné aux enfants possédant un léger retard mental. En revanche, pour ce qui est de l’ensemble des élèves non roms, seuls un peu plus de 2 % d’entre eux fréquentent ces écoles.




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