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Printed 24.11.2020 08:00

La direction d'un hôpital vient de présenter ses excuses à une jeune femme rom stérilisée
13-03-2007  Jaroslava Gissubelova

L'hôpital de Vitkovice, dans le nord de la Moravie, a présenté ses excuses à Helena Ferencikova, une femme rom de 24 ans qui avait porté plainte contre l'hôpital pour une stérilisation non consentie.

Helena Ferencikova, photo: CTK Justice a enfin été rendue à Helena Ferencikova, deux mois après avoir gagné son procès contre l'hôpital de Vitkovice où elle avait subi, il y a 5 ans, une stérilisation non consentie après la naissance de son deuxième enfant. En janvier dernier, la Cour supérieure d'Olomouc avait ordonné à l'hôpital de présenter ses excuses à cette femme, pour avoir agi illégalement et être intervenu dans sa santé et dans sa vie privée. Selon le juge Jaroslav Hykl, la stérilisation doit être précédée d'une demande de la patiente et d'une décision de la commission ad hoc, ce qui n'était pas le cas de Helena Ferencikova à laquelle les médecins ont proposé cette intervention pendant l'accouchement.

Pour Helena Ferencikova, qui réclamait une réparation d'un million de couronnes pour avoir été stérilisée sans son consentement à l'âge de 19 ans, la justice n'a toutefois été rendue qu'à moitié, car la Cour a rejeté sa demande d'indemnisation d'un million de couronnes. Satisfaite et déçue à la fois, Helena Ferencikova a réagi en déclarant qu'aucune somme d'argent ne saurait compenser la perte de la possibilité d'avoir des enfants.

Le problème des stérilisations n'est apparu au grand jour qu'en 2004, après la publication du soupçon par le Centre européen pour les droits des Roms. La même année, plus de 80 femmes ont adressé une plainte au médiateur de la République qui a réalisé une étude avec le résultat suivant : entre 50 et 60 femmes auraient été victimes d'une stérilisation entre 1973 et 1991. Un arrêté alors en vigueur permettait de payer une somme relativement importante pour l'époque, 10 000 couronnes, si la femme consentait à se laisser stériliser. D'après le rapport de l'ombudsman, les travailleurs sociaux incitaient ainsi les Roms à avoir moins d'enfants. Dans certains cas, les stérilisations étaient réalisées sous la menace d'une suppression des allocations familiales. Le bureau du médiateur s'est prononcé en faveur de l'adoption d'une loi pour favoriser l'indemnisation des victimes des stérilisations.

L'hôpital de Vitkovice est le premier à être sanctionné pour la stérilisation non consentie, et Helena Ferencikova est la première à avoir porter plainte et gagner son procès. Or, l'avocate de 25 femmes roms, Michaela Tomisova, prévoit que deux ou trois plaintes contre les hôpitaux seront portées dans les plus brefs délais.




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