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Printed 21.11.2019 02:48

La famille

La famille joue un grand rôle dans la vie des Roms, car chez eux, tout se passe dans la famille qui satisfait tous leurs besoins. Pendant leur vie nomade, les Roms étaient indépendants de la société environnante et, par contre, entièrement dépendants de leur famille ou de leur groupe. La famille était un moyen de subsistance, elle accomplissait les fonctions éducatrices (sociales), protectrices et beaucoup d'autres. Pour toutes ces raisons, les Roms s'identifiaient à la famille.

En parlant de la famille, nous sous-entendons la femme, le mari, les enfants des deux sexes, éventuellement l'ensemble de la famille habitant sous le même toit. On connaît encore d'autres parents, oncles, tantes, cousins, cousines, neveux, nièces, beaux-pères, belles-mères, beaux-frères, belles-soeurs, mais on les prend pour des parents plus éloignés que l'on ne voit pas très souvent. A noter que le tchèque, à la différence de la langue rom, ne connaît pas de noms pour des parents éloignés, par exemple pour les enfants d'un cousin ou d'une cousine. Pour les Roms, ils sont des parents très proches, avec lesquels ils vivent dans le même village ou dans le même quartier (la proximité physique) et qui sont attachés non seulement par des liens de parenté consanguine mais aussi par la tradition et la solidarité familiales.

Ajsi romni kampel, savi moro anel.
Lachi romni kerel jekha konuratar duj.

Une femme juste sait se procurer du pain.
Une femme juste sait faire d'une couronne deux.

Proverbe rom

A l'instar de la famille tchèque, il existe aussi au sein de la famille rom une différence entre les rôles de l'homme et de la femme. La femme rom était et est toujours éduquée de façon à être à même de s'occuper de sa famille. La femme avait pour devoir d'assurer la fonction de son foyer, d'élever les enfants et d'obéir à son mari. La femme avait souvent un rôle plus important sur le plan économique car c'est elle qui devait assurer la survie de sa famille - assurer la nourriture et l'habillement. Elle devait assurer de la nourriture à tout prix, soit en travaillant pour les gadgé - paysans (revêtement des fours, travaux champêtres), cueillette des fruits forestiers (myrtilles, framboises, gratte-culs etc.) ou en mendiant. L'homme rom, qui était chef de famille, en son sein ou dehors, symbole et protecteur du prestige de la famille, décidait et assumait la responsabilité de sa famille. Dans beaucoup de familles, les salaires n'avaient qu'un caratère occasionnel. Or, l'homme devait passer le plus clair de son temps en cherchant des commandes, en maintenant de bonnes relations avec ses parents et amis, en atténuant les conflits entre les familles, etc.

Le nombre des enfants nés renforçait et agrandissait la famille. Plus il y avait d'enfants, plus la famille était heureuse. Le nombre des garçons élevait le prestige de la famille, conformément au proverbe rom O chave hin zor - Les garçons signifient la force. Les époux souhaitaient comme premier enfant un garçon. C'était le voeu, le plus souvent, de l'homme. Quant à la femme, ça lui était égal ou, bien au contraire, elle espérait en son for intérieur que le premier enfant soit une fille pour aider sa mère lors des "travaux ménagers de la femme". Chaque enfant qui suivait était cordialement le bienvenu. L'éducation des enfants était assurée, essentiellement, par la mère, mais c'est finalement toute la grande famille qui y participait. L'enfant vivait entouré de trois ou quatre générations et sa vie sociale se déroulait dans cette communauté cohérente.

L'appui mutuel bénéficiait à toute la famille. Les célibataires (ils sont une exception, même de nos jours), restaient chez leurs parents, les orphelins demeuraient à la charge de toute la famille. Les personnes âgées étaient soignées et très respectées par la famille qui ne les a jamais exclues de sa vie. Il était impensable de mettre les vieux parents dans des maisons de retraités, ou de déposer les enfants dans un foyer d'enfants ou dans un internat. Un malade ne demeurait jamais seul. Hospitalisé ou mort, avant d'être enterré, il ne demeurait jamais seul.

La grande famille assurait la protection sociale (personne ne restait seul, des soins étaient accordés à tous), la protection psychologique (les problèmes étaient examinés ensemble) et la protection économique (assurer du pain pour tous). La famille constituait une unité économique qui devait collaborer, car un individu seul n'était pas à même de gagner sa nourriture. Les générations au sein d'une famille rom, travaillant ensemble, vivaient en harmonie.




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