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12.12.2019
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Professions roms traditionnelles

En Europe, les Roms gagnaient leur vie en exerçant des professions qu'ils avaient apprises en Inde. Dès l'arrivée des Ariis, l'Inde était un pays, dont la population était divisée en castes appelées dzati. Les dzati avaient le dharma spécifique de leur caste - un ensemble d'ordres et d'interdictions non écrites, stipulant quelles activités étaient permises ou pas. Cette caste, souvent, ne devait pas se consacrer à des activités qui avaient un rapport avec la nourriture traditionnelle d'autres castes (dzati). "L'aire professionnelle de la nourriture" de chaque caste a été ainsi protégée. Depuis longtemps déjà, pourtant, les changements professionnels entre les Roms sont une chose courante. Ceci dit, récemment encore, les usages permettant de régler le comportement entre les groupes de différents "dzati" roms, ressemblaient en bien des points aux relations entre les castes en Inde.

En Inde, les Roms faisaient partie des castes qui exerçaient les professions suivantes: forgeron, chaudronnier, traiteur de cuir, lad, maquignon, musicien, dresseur de serpents et d'ours, poteur, vannier, balayeur, blanchisseuse, voyante, briquetier, menuisier, etc. On peut dire que toutes ces professions ne pouvaient être exercées qu'occasionnellement, car la demande de ces services était irrégulière et se terminait avec la saturation du marché.

Avant la Seconde Guerre mondiale, près de quatre-vingt-dix pour cent des Roms vivant sur notre territoire y étaient fixés depuis très longtemps. Ils y sont arrivés des Balkans, en longeant le Danube, pour commencer à s'installer dans le pays depuis le 17e siècle environ. A cette époque-là, il n'y avait pas à la campagne de grandes différences entre les habitants nouveaux-venus et fixés, on peut donc parler d'une certaine assimilation des Roms avec la population autochtone. Selon le milieu linguistique dans lequel ils vivaient, on distinguait les Roms sédentaires slovaques et hongrois des Roms nomades ou semi-nomades tchèques (tchéco-moraves). Le milieu avait un impact sur leur langue, mais leur culture est demeurée la même. Les Roms olakh qui ne pratiquaient que le mode de vie nomade et n'avaient presque pas de contact avec les autres Roms, représentaient un groupe spécial.

Au 17e siècle, les villes ont commencé à accueillir les Roms qui rendaient aux villes et aux villages, en revanche, des services (affûtage des halapartes, nettoyage de la ville, travaux de fossoyage), plus tard, on les autorisait à se consacrer à leurs professions. Le métier de forgeron était le plus important métier des Roms slovaques. Ils travaillaient suivant les techniques archaïques maîtrisées en Inde. Ils travaillaient assis par terre, utilisant comme matière première de vieux matériaux (fer usé) qu'ils pouvaient se procurer gratuitement. Vers la fin du siècle écoulé, il y avait probablement en Slovaquie la plus grande concentration de forgerons dans toute l'Europe. Ils fabriquaient des clous, des chaînes, la garniture des voitures, des pioches, différentes ferrures. Quant aux fers à cheval, ils n'en faisaient que très peu. Aujourd'hui, rares sont les Roms qui se consacrent au métier de forgeron, ils s'orientent plutôt vers la production d'objets d'art - ferrures, chandelles, grilles, etc.

Ils gagnaient leur vie, aussi, en recevant une contrepartie (en nature) pour l'aide qu'ils apportaient dans les champs aux paysans et petits fermiers. Il s'agissait de travaux champêtres occasionnels, par exemple pendant le ramassage des pommes de terre ou de la betterave. Ils cassaient les pierres lors de la construction des routes pour le village. Cette coopération entre les Roms et la population non rom a été, souvent, scellée par le parrainage.

La collectivisation et la fondation des coopératives agricoles uniques a mis fin à cette coopération. On ne demandait plus les Roms et ceux-ci ont commencé à s'éloigner de l'univers des "blancs". Parmi d'autres professions roms en Bohême et en Slovaquie, il convient de mentionner la fabrication des balais, corbeilles, panetons, nattes de roseau, le traitement du cuir, l'affûtage de couteaux, la fabrication des briques non cuites en argile, eaux et mauvaises herbes, la fabrication du charbon de bois. Les femmes enduisaient les fournaux des paysans (grâce à leur petite taille elles pouvaient entrer dans le fourneau), tissaient des produits simples, cueillaient avec leurs enfants les fraises, les myrtilles, les églantiers et d'autres fruits. Elles offraient leur produits et les fruits cueillis aux paysans dans les villages. Elles les échangeaient le plus souvent contre la nourriture ou des vêtements.

Jekhfeder pativ luvutariske.
Le plus grand respect appartient au musicien.

Proverbe rom

La musique était une autre source importante de revenu, bien que complémentaire, des Roms slovaques et tchèques. L'orchestre rom n'était composé que d'hommes. Il appartenait, le plus souvent, à une même famille (le père - souvent chef d'orchestre, ses frères, fils, beaux-fils, beaux-frères). Il comprenait au moins quatre membres. Quant aux instruments, il y avait le premier et le second violons, une viole, une contrebasse ou un cymballum, éventuellement une clarinette. Ils jouaient pour la population non rom dans les mariages, dans les fêtes, les baptêmes, accompagnaient des repas somptueux ou des funérailles, recevant pour leurs prestations de l'argent.

Pour les gadgés, ils jouaient le répertoire local et, ainsi, ils représentaient la tradition de la musique populaire slovaque. Quand ils étaient parmi les leurs, ils jouaient des mélodies lentes, chantant leur vie dure, l'amour, le chagrin et la souffrance. Un proverbe rom ancien dit: Gadzeske basavav andro kan, Rineske andro jilo ou Je joue à l'oreille des non Roms, je joue au coeur des miens (Roms).

Une autre sorte de musiciens de village, c'étaient les différents "musiciens" qui jouaient du violon dans les villages, devant les fenêtres, la musique servant de beau prétexte pour mendier. Ces musiciens appartenaient à la plus basse couche, et les autres musiciens les détestaient. Les meilleurs musiciens ont créé, à la charnière du 19e et du 20e siècle, une couche sociale particulière de musiciens professionnels se présentant en ville dans des cafés, que l'on appelait aristocratie tsigane. C'étaient les descendants des musiciens qui, dans le passé, se produisaient dans des cours royales et de la noblesse, à l'époque où les féodaux les faisaient installer sur leurs territoires, car il était en vogue d'avoir à la cour un orchestre rom. Ces musiciens se sont presque entièrement assimilés, et encore de nos jours, les Roms mettent un grand accent sur la formation musicale de leurs enfants - ceux-ci font leurs études au conservatoire (le plus grand nombre de jeunes musiciens roms étudie au Conservatoire de Presov).

Les Roms olakh, par contre, comme le voulait la tradition, gagnaient leur pain, le plus souvent, comme des maquignons. En ce qui concerne les femmes, elles nettoyaient les plumes ou étaient cartomanciennes et chiromanciennes. Aujourd'hui, certains d'entre eux sont des revendeurs, voleurs et truands.

A l'heure actuelle, la plupart des Roms exercent des professions ouvrières non qualifiées dans le bâtiment, lors de l'extraction du bois, sur les rails, ils travaillent comme terrassiers ou balayeurs en ville.

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